les enseignements se suivent et encapsulent la tête dans la curiosité et la torpeur
on enregistre ce que l'on pourrait vivre selon toutes les modulations de la perception—quand celle-ci émane du Satipatthana sutta
tout se mélange... agréablement, confusément, abruptement : rien ne dit tout-à-fait sa fin
et c'est bien ; rien ne s'assimile en dehors d'un sol bien préparé ; douillettement, il me faut me redisposer
en arrière-plan : l'histoire ; celle de la peine, reçue ou infligée, échappée ou refoulée, gangrénée ou libérée
tout le monde est là et regarde ; le monde d'antan est rappelé, relevé, ressuscité... ! certains manquent à l'appel
j'entends l'enfant
ses gros yeux qui ne comprennent, mais c'est parce qu'ils n'ont rien vu, ni vécu des dernières années
le sang, le froid et le métal ont achevé une disparition—la mienne ; quand ils sont apparus, on a bien cru à un tremblement de terre : on a eu peur, si peur
puis, on a ouvert son coeur à tous les réfugiés de l'esprit que la mort avait parqués
et on a mal tourné
envoutée, possédée, scarifiée, stigmatisée ; "au mal", au lit, identifiée
"aimer" serait recommencer ; reproduire une erreur à laquelle on s'est donnée, sans penser qu'on serait plus faible
plus excitable que le Diable lui-même
diriger, c'est aussi écouter les leçons... et rétablir les faits
le mois dernier, j'ai écouté mon rêve... blanc comme neige dans les bras du Père
"on" n'a pas d'autre identité que celle de l'Amour quand Il est au ciel
alors, on va parcourir les champs d'été sous la pluie à bicyclette ; rincée, on va se déchausser et déambuler
et seule, absolument seule, on s'éloignera des drames, des délaissements et des trahisons, parce qu'on le sait, l'histoire est courte et cruelle ; séduisante et sensible, mais immature et vide : on ne connaît rien au cinéma
et l'on reste fascinée par cette fille au visage sculptural et fin, aux yeux-velours troubles et attendris, à la bouche vorace et épanouie, au sourire solaire et discret, au corps défloré et toujours secret, à la maternité protectrice et investigatrice
se pose-t-elle, encore, des questions ?... ou cherche-t-elle, toujours, à en traduire les réponses ?
on n'en reviendra pas
on s'explose à chaque éveil
on ne croit plus qu'à l'Un
on ne croise plus rien que d'éteint
et les lignes ici se courbent parce qu'on se croit trop certaine ; mais quand on a tout vidé, tout achoppé, tout agrippé, tout secoué... on ne veut plus voir que "naître"
les croissances obscures qui n'appartiennent qu'à l'instant, on les contemple sur fond de néant ; elles apparaissent telles des ombres de nos affections essentielles et ancestrales, primitives et ataviques
et si nos tristesses sont amères, nos déchirures seraient mortelles
on se connaît : les possibles n'appellent que les cimes éternelles ; les tranquillités ne s'abreuvent qu'aux rivières fidèles
on soupire fort, trop ! notre ventre suffoque
la page est ouverte ; elle le reste... la tourner serait refermer le vivant ; juste y inscrire ce que j'écris là et faire silence
quelques lignes et je dormirai — pas mieux
quelques lignes et j'enverrai mon non-suicide
réactiver les sources, c'est prendre le risque qu'elles ne soient trop sèches ou trop exubérantes ; trop acides ou trop douces
tout avides et demandeuses ; dérégulatrices et dévastatrices
et si ne plus souffrir, c'est aussi ne plus exulter ou s'exalter, les sagesses anciennes seront notre maintien, notre salut et notre "rien"
chaque fois que l'on bouge, le terrain se fait glissant ; les sables, extrêmement émouvants, perturbants, éprouvants et chagrinants
on y va en aspirant à un demain adulte et rayonnant, humble et fier, vaillant et gracieux, ample et altruiste
alors on se tait... pour le nourrir, l'espérer et le former dans la quiétude maternelle et l'appel des horizons
enfin, on trébuche et on ne se redresse plus