l'ange est en moi

il n'y aura pas d'image, ni de majuscule, ni de ponctuation, ni même peut-être de phrase tout sera né de l'intérieur de l'An...

Affichage des articles dont le libellé est naissance. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est naissance. Afficher tous les articles

trop d'altérités

j'en passe par une pente très raide ; un sentier de montagne exigeant pour le souffle—accentué jusqu'à la limite de ses capacités, intensifié jusqu'à la brûlure des poumons

je grimpe car, telles des pierres, les mots se font de plus en plus lourds à remonter : c'est par effraction qu'ils apparaissent dans des craquements de sols, qu'ils surgissent au milieu d'éclairs effrayants

l'écriture devient une catastrophe

elle m'écarte radicalement de mes programmes ; me happe, me gangrène, me dévore ; me grandit, m'anoblit, me transfigure

je me vois devenir l'Ange—rapide et torturé ; tour à tour doux, docile, ou vindicatif, acerbe... le plus souvent ferme et précis

l'Ange me dicte si je ne dialogue pas avec lui ; l'Ange en direct m'invite à lui demander : et je le vide de ses substances supposées

je le gracie ; il m'exécute ! il me prend en lutte, m'incorpore sans ménagement et me fait cracher le tourment—la raison ou le dément

personne ne retient ce qui est dit : chacun s'approprie quelques mots seulement comme une orgie ; chacun vit sa lecture comme un passage en riche absurdie ; chacun se nourrit d'intelligence maîtresse sans fils initialement porteurs

c'est que la couture n'est pas faite comme à l'ordinaire : elle entrelace des fumées et des ardeurs

une voix se fait entendre : celle de l'Ange Michael—qui grince et chuchote des paroles d'avant ; osera-t-il celles-ci ?

"oui"

A. — tu ne reprendras avec moi qu'arrivé le soir ou dans le matin noir ; décembre, c'est la nuit longtemps ; tu accroches des lumières dans ta maison, mais le sombre est propice à dévoiler les ombres dans le velours des formes et des plis ; mets tout en sourdine... baisse aussi le son, pour capter le moindre soupçon

k — j'écoute le soupçon, mais je ne définis pas qui il est

A. — il est le germe... des futures apparitions ; dans son yin généreux, s'est évanoui le jeune yang en sursis ; tous deux préparent les floraisons de printemps : ils sont conception—repli, fécondité et nourrissement :  à couvert, les abeilles se portent bien ; pour bien produire leurs fruits, les process doivent s'accomplir lentement, sans rien laisser de côté ; à chaque étapes de la Croissance, ils sont les garants du bon chaînage des phénomènes ; pour ensuite y voir plus clair

k — je les sens, mais les distingue mal, les process...

A. — parce qu'ils sont définitivement "toi" ; tu suis les mêmes cycles : tu les accompagnes sans intervenir, ou tu les contraries par tes désirs ; s'abandonner à "l'être" n'est pas céder à la passivité ; c'est patiemment accepter de se laisser de l'intérieur travailler—définir, ciseler et patiner, pour qu'une expérience saine trouve sa souche naturelle ; et pour que l'émergence se dirige simplement vers la cible—la concorde, la lumière et la paix ; pas de grands mots, juste de douces éclosions

l'éphémère des naissances

et si l'Ange était parti ? en sa qualité de lumière paranormale, s'il nous réhabituait à celle d'en-bas ?

car il n'y a plus d'embrasement "au milieu" ; ... il n'y a plus que moi

je me sens rééquilibrée, et, même dans la nuit, ne guette plus vraiment l'aube

les naissances ne durent pas ; elles sont l'action de l'éphémère dans un rendu développant

le caractère graduel ou soudain de leur apparition nous accompagne jusque dans les reins et nous transforme dans les moiteurs

nos efforts et nos sueurs ne disparaissent que dans l'arrêt profond, au coeur des rêves régulateurs

les naissances sont des contractions—fortes, brusques, ou lentes et progressives ; elles nous prennent en entier de par la plante des pieds

rien n'est délaissé : aucune zone anatomique, aucun ressenti même léger ; on est basculé, retourné, trans-véhiculé... de soi à soi

les étapes s'enchaînent : le train siffle et les gares défilent ; au creux de l'humeur, on se déplace en spiralant dans des méandres infra-soniques

on se découvre et on s'explore de l'intérieur des multiples textures—des jeunes soies et des vieux velours

nos tentures cachent des secrets ; les retrousser serait blasphème... mais nous ferait naître quand même... nous achèverait aussi