l'ange est en moi

il n'y aura pas d'image, ni de majuscule, ni de ponctuation, ni même peut-être de phrase tout sera né de l'intérieur de l'An...

l'Ange noyé

une ballade ; c'est ainsi que j'écoutais ce qui m'inspirait, pour le disperser dans la vague ou le condenser dans la goutte

le souffle est là—à peine tenu ; les sons concrets émettent des crescendos suggérant des voluptés fragiles

les pointes naturelles et les piqués électroniques se répondent sous l'eau jusque dans le lointain, ou le soudain

les évènements sont légion : ils habitent un peuple imaginaire au pouls brusque et saccadé

tout file et revient au bord de mer—parmi les galets brossés d'eau, de sable, d'algues et de débris

le rythme est régulier, même si incessamment il se régule ; le plongeur vigilant pour lui-même y est attentif...

charriée autant que les éléments, sa présence se minéralise comme par enchantement

il descend

il rencontre le souffle du danger de la vie d'en-dessous : son écoute décuplée se couple aux surgissements

les sons musicaux l'emmènent dans des récits de survie—de pénétration et de dépassement

il ne se ménage aucune issue : les sirènes l'étourdissent déjà peut-être... ou bien lui suggèrent-elles quelques expériences tantriques ?

vous et moi le savons

l'autre monde, quelles sont ses limites face à nous ? est-il plutôt "complaisant" ou plutôt "connaissant" de les franchir ?

pourquoi la morbidité gagne-t-elle certains esprits poreux et impressionnables ? alors même que le continuum, lui, est serein

mon héroïne aime évanouir la partie d'elle inapte à la régénérescence des fluides

elle se laisse absorber par l'onde marine ou sonore, et glisser dans des univers parallèles, anamorphiques

elle s'oublie dans un espace aux vibrations vrillées—aspirées par le Vortex initial, sur lui-même puissamment antéversé

elle claque des dents dans l'attente du soleil levant et s'émousse au vent violent

elle se laisse descendre—comme "pompée" du dessous du phénomène qui l'anime

elle ne demande que la musique... des boucles qui s'évadent dans les autres mondes naturels qui l'habitent

l'aura peut-être réside en cela... en cette radiation lumineuse venue du mouvement même de l'acte

"libérer", cela implique de capter ce qui advient, pour rigoureusement nager dans celui qui devient

c'est "virer de bord" depuis le vaisseau qui nous véhicule, sans perdre ceux qui se trouvent à bord

c'est imaginer dormir au milieu de mille fleurs constellées de soupirs et d'avenir

c'est prévenir chaque logis du souvenir suspicieux et de l'écrasante colère

enfin, c'est guérir ce qu'il y a, avec toujours la menace de ce qui n'est pas

demain sera grand

une impression de blocage, de désaccord ou d'incompréhension... alors, on remet le son

on n'ose peut-être pas tout dire de l'intrusion—celle que l'on provoque en déliant les rêves à l'endroit de leur vertu et de leur fièvre, de leur fiabilité et de leur imposture

qu'est-ce qu'une réalité ?

un film mental déroulé en flux tendu dans la précipitation des prises et des clichés ; et repassé en salle obscure avec les imperfections du jeu et de la pellicule

les mémoires diurnes se chaînent, se recouvrent, hésitent et se trompent

les rêves nocturnes font les relations, fondent les équilibres et nouent les secrets ; comme tout le monde, j'en fais...

parfois, ils sont l'occasion de rencontres avec des mondes qui n'existent plus—ceux d'un passé révolu... avec son empreinte karmique qui n'avance plus

faire circuler l'énergie des rêves, c'est réactiver un peu de présence chez ceux qui ne sont plus... pour accompagner les vivants dans leur entreprise de réparation

pour qu'enfin tout se pose et tombe d'aplomb—par magnétisme ou par régulation

j'élabore des redressements ; je cautérise des saignements... mais jamais je ne m'épanche sur la nature de la guérison : doit-elle faire mal ? sa douleur doit-elle entrainer la peine des autres qui y sont liés ? à jamais marqués