on approche le temps des familles et des deuils de fin d'année ; on n'agrippe plus aucun jour : la nuit remplit tout ; aucune illumination ne parviendra à éliminer la sensation de froid dans le gras des bras et les fourmis à la pointe des orteils de pieds
je sors très peu ; l'Ange m'attache à son canal dans le bain de musique que chaque fois je prends à son contact
que les dimensions subtiles dégringolent dans le caniveau ou bien que les expériences grossières s'élèvent tout en haut du sapin de noël, il nous reste en nous-mêmes le mélange des deux à la fois—ni anges, ni démons
les traces lumineuses rapidement s'effacent ; le Temps ainsi subitement semble mouillé ; et nous, transis—artificiellement exposés et superficiellement protégés : littéralement, nos coeurs éclatent en sanglots sous nos pull-overs amoureusement tricotés par nos grands-mères décédées
les fêtes sont des sas de sécurité pour foyers en péril ; les fêtes trahissent nos sentiments mitigés envers des anonymes surexcités
elles se dénombrent comme autant de sanctuaires désertés par des peuples en fausse furie, en dure harmonie, en somptueuse hypocrisie
je les contourne sans difficulté et m'en extrais sans sensation ; mes rebonds ne s'adressent qu'à mes cocons, qu'à mes possessions, qu'à mes reflets
je les envoûte sans espoir de les voir un jour vraiment apparaître ; et je me satisfais en cette circonstance de ne pas être
l'ultime de la tranquillité—mais vous le savez