l'ange est en moi

il n'y aura pas d'image, ni de majuscule, ni de ponctuation, ni même peut-être de phrase tout sera né de l'intérieur de l'An...

les notes symphonisent ce don

une harmonie qui ne se désagrège nullement nécessite-t-elle du sentiment ? pour que le mouvement apparaisse, est-ce le coeur qui doit s'imaginer danser—flotter, s'immerger, glisser, sombrer, remonter, jaillir, se suspendre et replonger ? quel poisson doit-il devenir ?

de quelle douceur doit-il s'envelopper ? à quelles valeurs doit-il s'attacher ? celles gracieuses et délicates de l'ouverture pénétrante à ce que l'on devient, que l'on contient et qui nous protège... pour une survie à deux dans le temps mortel

c'est si précieux

quand tous tes chakras disent la même chose, l'émanation de toi te rend irrésistible ; pourquoi ?

si l'expérience doit être celle de la Lumière, quelle soit présente et première ! à travers toi... qui m'engage dans ton sillage

le Tantra nous emportera... par ma poitrine soulevée, je te dirai... mes paysages enfouis "éveillés"

car cette nature, je la détiens aussi... dans les replis de mes troubles et de mes dénis, de mes retours à moi-même et de mes détours au plus près de toi

je m'engage à toujours te voir sous ton aura et à ne plus rabaisser le souffle du hasard qui me lie à toi : longue est notre histoire

les violons s'acclimatent mal de mes enfermements, mais chavirent mes voyages aux extrémités imaginaires, dans la tension d'une musique avec toi

... un partage éphémère et brillant, brûlant et écartelant ; l'espace est ton royaume exaltant : la Terre au soleil, ton sommet avec drapeau

je ne détiens rien de cela ; ma jeunesse ne se fane que de trop de lenteurs et de découragements ; elle s'avive à ton sel

et se prolonge miraculeusement

l'ivresse revient avec trois fois rien de mon quotidien : l'écriture pique droit dans les chairs de l'amour serein... vif et plein

la mélodie tourne en boucle jusqu'à me porter ; elle évoque des épanchements du passé : des tentations de tendresses éplorées et des refus de transgression assumés

rougie, j'étais

à blâmer

à écarter

les routes ne se racontent qu'aux détours des cailloux sur les bas-côtés et des angles de vues... dans des perspectives renouvelées

il n'y avait pas de suite—pas de Possible en réserve, pas de Réel emmagasiné pour ensuite le donner

la Vie m'a abandonnée parce que je ne l'ai pas générée

pas accompagnée, pas glorifiée, pas ensemencée, pas circonscrite, pas abritée

et si j'en ai fait un simple sommeil, même celui-là m'aura ennuyée et rabattue dans mes années

la pulsion vitale est-elle si difficile à trouver ?

se laisser porter... par la vague—peut-être "sentimentale", qui berce l'enfant hors espace à l'intérieur des temps

les sons unifiés sont notre identité originelle ; ils lèvent en nous la force de l'é-motion—ce qui nous meut en avant

ils nous définissent en tant qu'immatérialité primordiale et dernière, en tant que signature archétypale et cosmique

ils nous absorbent en des spirales infinies, lisses au travers des trous de ver : me voilà là-bas... si décalée de l'autre en face de moi, si proche de lui en sa transparence aussi

je visite ici le subtil en ne le corrompant pas de mes polluants habituels, de mes addictions charnelles

je traverse le diaphane au vent de mes émotions, retenues ou grandioses—magistralement par le sourire étouffées

je les amène à ne plus dire "je t'aime", à ne plus penser pour l'autre en sa farouche autonomie-maîtresse

... et si je n'étais pas habitée d'univers assez grands pour dire là toute ma tristesse, et pour avouer mon dénuement, mon tiraillement, mon désoeuvrement

les pages se tournent sans que j'y sois : je n'y vois pas à redire, si ce n'est l'envol qui me manque pour que je sois "moi"

tout à fait dans le giron des ondes qui me forment en mon essentiel—là où je suis calme

isolée, sans solitude apparente

mélancolique, sans dépression avérée

s'ouvrir, accueillir, rencontrer... mais aussi filtrer, repousser, rejeter l'ADN qui nous affaiblira, nous gangrènera, nous dénaturera

le poison qui "mal" nous affectera en notre bulle de création, poreuse à tout

et vous, vous reconnaissez-vous là ? fermez-vous aussi des issues en vous ? vous ménagez-vous de faux semblants pour échapper aux gens ? pour leur dissimuler des parts de vous ?

votre liberté est-elle conditionnée... à celle de ceux qui vous guettent ? vous sentez-vous "proies" des fois ? définitivement "victimes" et "assistés" ?

faibles et érodés... autant par la bise légère que par la violence glacée des contacts distanciés—c'est la société

la difficulté

le "ne plus être" ; le "se ranger de côté"... et émarger sa requête, sa poussée d'alerte ou de stress

et revenir vers vous... de manière poétique, élégante et cavalière... pour vous confier mon désir de fluidité, de confiance, d'abandonnement et de chaleur

ensemble, nous le faisons ; ensemble, nous le naissons... sans beaucoup de besoins et dans la tranquillité du soin

les notes symphonisent ce don

la relation