on est un samedi ; il n'y a pas de musique ; le ciel est bas : une luminosité de mi-décembre à peine distincte derrière les doubles-voilages
contrairement à la semaine dernière, la fatigue m'étreint et me défait sans scrupule ; je déambule, certes dans le propre, mais toujours dans le virtuel
dès lors que je me cogne au plafond, je fais des bosses et rebondis mal dans le molletonné de ma couche
souvent, je ne voudrais que dormir, me blottir, me laisser imprégner, attendrir, puis éteindre
mes yeux clos ne s'ouvrent plus sur le monde, mais te cherchent, toi... qui te reposes là-bas ; toi qui me communiques ton humeur, ton enthousiasme, ton irritation, ton grotesque ou ta joie ; ... ta chaleur et ta voix
je me chauffe, m'embrase et me dissous à ton contact ; une énergie tantrique me saisit et m'érige en à la manière d'un phare sans aucune tempête : sa lumière, c'est pour qu'elle gagne le ciel
ses rayons me tiennent debout comme le souffle gonfle le ballon ou les flots le lit de la rivière
je suis habitée... co-existée ; en équilibre devant toi, je m'habitue à retrouver mon dynamisme et ma confiance, mon ouverture et ma tranquillité ; je t'accueille en notre demeure, et retrouve le courage de poursuivre et l'envie de sourire