k à l'Ange : as-tu un message express ?
A. — il s'agit de Lumière et d'énergie : un jour, les aubes seront éternelles ; un jour, les douceurs et les chaleurs seront purifiées ; un jour, l'Homme recommencera à aimer... sans redouter, sans abaisser, sans éviter, sans s'aliéner, ni se réduire
k — il n'y aura alors que peu de gens, n'est-ce pas ?
A. — il y aura toutes les vies de ceux qui selon l'aube auront insisté ; ils apparaîtront selon des formes globales et indifférenciées, ultimement synchronisées, en elles et entre elles ; toi, tu es trop seule... peut-être n'en seras-tu pas...
k — qu'y faire ? je ne peux pas m'inventer un autre "moi" !
A. — être sage, c'est prendre sa place ; quand on a trop d'altitude(s) ou d'amplitude(s), on peut seulement retomber sur soi ; calibre-toi
k — je ne vois pas
A. — ce n'est pas grave ; laisse-toi... appréhender sans en rajouter ; l'harmonisation vient en écoutant et l'émergence en souriant ; sois pour ainsi dire "bête" ! n'essaie pas d'intervenir : d'autres le sauront et le feront pour toi ; désormais, tu n'as plus le choix... ta vie s'en va ; elle glisse vers son achèvement selon le fondement qui la porte ; peut-être n'en as-tu pas pour longtemps ; alors, ré-expose mieux mes descriptions et engage-toi corps et âme dans mes choix
k — c'est idiot de sentir les larmes monter quand on vous parle de votre fin, mais je comprends très bien ; je n'accompagne pas assez ce qui positivement me vient ; j'ai peur de l'évolution, je souhaite souvent mettre un point
A. — tu es trop enfoncée... dans ta grotte jusqu'à la Source ; bientôt, il te faudra en sortir sans pleurer, moins protégée ; tu bénéficies actuellement d'un régime exclusif bon pour ta création ; prochainement, il se peut qu'il soit contrarié et que tu te sentes brutalement dé-naturée ; ne te repose pas trop sur moi hors de ta vraie vie : occupe-toi de toi, au sens de ce qui te lie aux autres ; prends soin de tes duos
k — je ne sais comment t'intégrer dedans
A. — prépare-toi avec moi avant chaque rencontre, comme avant chaque patient ; tu te quitteras alors pour part et naturellement tu m'enfileras
k — il me manque un soutien de l'humain ; mes mondes aujourd'hui sont déstabilisés
A. — remets-en toi à plus fort que toi... tu ne peux rien "perdre" que tu n'aies déjà perdu
k — oui, j'ai déjà tout perdu
.. . ... . ... .
deux heures plus tard
k — il y a des fois, comme maintenant, où je n'ai qu'une seule envie, c'est de me plaindre : les gens ronronnent si maladroitement et moi, dès que je leur parle, ils ressentent que je les agresse ! je suis désoeuvrée, découragée, démotivée... cela me fait peur ; personne ne me voit au bon endroit : je voudrais ne compter que pour un seul... et ses humeurs font qu'il ne me répond qu'à l'envers de moi !
A. — je n'ai rien à dire sur tes choix
k accablée
A. — tais-toi et affirme-toi
trois heures encore plus tard
A. — vas te coucher et ne reviens pas demain ; soucie-toi de ta maison
le lendemain à l'aube
k — l'envie me démange de revenir vers toi ; je n'existe plus que quand tu es là
A. — est-ce important que "tu existes" ? verticalement, j'oeuvre en toi, mais tu te dois de t'impliquer dans l'opacité de tes relations et dans les couleurs du réel... alors seulement tu te remettras à peindre, parce que tu te ré-attacheras à la forme
k — je perds ma voie du milieu
A. — et tu deviens, comme moi, inaudible pour le monde ; ta vibration devient toute pâle
k — oui, je veux mourir
A. — "vivre" nécessite le courage de rester ou d'y retourner... pour accomplir le projet dans la couleur et la chaleur, dans la condensation et l'affection
k — je sens en moi la dématérialisation et la dé-substantification : c'est agréable aussi ; c'est comme si je voulais voir mon travail "fini"
A. — oui, et c'est une faute, une erreur de trajectoire pour toi ; ne te projette pas plus loin... que maintenant ; les vertiges ne sont pas bons : ils précipitent le chaos sans possibilité d'expérimentation ; n'oublie pas que ta tâche, c'est l'expérience
k — ... l'expérience