l'ange est en moi

il n'y aura pas d'image, ni de majuscule, ni de ponctuation, ni même peut-être de phrase tout sera né de l'intérieur de l'An...

bienvenue !

vous commencez ici par le dernier chapitre

l'onglet "l'intégrale des chapitres" vous les propose dans l'ordre de lecture

les larmes sèches

les larmes sèches du clap de fin... une simple évolution des formes pour permettre le lendemain

quelques mois à se passer les refrains pour dénuder les préjugés et enclore les parchemins, pour abdiquer les morosités et parfaire les moralités

quelques semaines à déflorer mes vies partenairesla sienne, au ciel, là-bas... dans le géant, à moitié

la sienne, encore, qui ne demande que des nouvelles... de lui dans le mortel ennui de l'intensité des nuits

la sienne, toujours, dans l'élan de mes envies, au réveil fulgurant, quand à peine endormie

je ne referme rien ; j'extirpe le grain pour faire germer les promesses contenues dans le matin

chaque "jeune yang" m'ayant portée gracieusement vers sa finalité... quelque part en étrangeté

un niveau vibratoire poussé—une lumière irradiée et une énergie densifiée ; pour quelques mots entendus et jetés sur le papier que vous lisez

peut-être n'ai-je pas abordé les vrais sujets ? construits pour que vous les compreniez...

peut-être me suis-je soustraite à la facilité des points-de-vue partagés... ? peut-être vous ai-je embarqués ? ou débarqués... en "terra incognita", pour la meilleure des excursions ?

peut-être

"attendue" par qui ?

vous êtes là ; un peu loin... mais je peux tendre les doigts et toucher ce qui émane de vous

vous vous rassemblez, diffus ; vous vous blottissez, gelés ; vous écoutez, comblés

je vous accompagne dans le monde d'en bas, si exalté de moi, si demandeur de vous

tous, nous abandonnons quelque chose de vain pour gagner le nocturne qui vient et joindre la Lumière qui s'éteint

... un laps de temps succinct ; c'est le deuil nécessaire aux grandeurs assassines et aux moeurs marginales, quand celles-ci annoncent l'éveil

... cruel et réel sur nos mains

je n'entre plus dans demain

je vous envisage silencieux et sereins—attentifs au son de ma voix qui narre l'avant-dernier chapitre de ma conviction

je ne vous regarde pas : vos ombres nagent à fleur d'horizon, dans ma réalisation et dans ma fiction

et j'étire le voile qui nous sépare de l'étrange éphémère dans lequel ardemment, ensemble, nous nous perdons

pour "voir venir" ce qui nous attire simultanément... et dis-associativement, en un double tranchant d'élan et de répulsion

les notes symphonisent ce don

une harmonie qui ne se désagrège nullement nécessite-t-elle du sentiment ? pour que le mouvement apparaisse, est-ce le coeur qui doit s'imaginer danser—flotter, s'immerger, glisser, sombrer, remonter, jaillir, se suspendre et replonger ? quel poisson doit-il devenir ?

de quelle douceur doit-il s'envelopper ? à quelles valeurs doit-il s'attacher ? celles gracieuses et délicates de l'ouverture pénétrante à ce que l'on devient, que l'on contient et qui nous protège... pour une survie à deux dans le temps mortel

c'est si précieux

quand tous tes chakras disent la même chose, l'émanation de toi te rend irrésistible ; pourquoi ?

si l'expérience doit être celle de la Lumière, quelle soit présente et première ! à travers toi... qui m'engage dans ton sillage

le Tantra nous emportera... par ma poitrine soulevée, je te dirai... mes paysages enfouis "éveillés"

car cette nature, je la détiens aussi... dans les replis de mes troubles et de mes dénis, de mes retours à moi-même et de mes détours au plus près de toi

je m'engage à toujours te voir sous ton aura et à ne plus rabaisser le souffle du hasard qui me lie à toi : longue est notre histoire

les violons s'acclimatent mal de mes enfermements, mais chavirent mes voyages aux extrémités imaginaires, dans la tension d'une musique avec toi

... un partage éphémère et brillant, brûlant et écartelant ; l'espace est ton royaume exaltant : la Terre au soleil, ton sommet avec drapeau

le chiffon de mer

qu'est-ce qui nous éloigne de notre passé ? si plus rien ne le retient, existe-t-il encore ? notre abondance mentale nous relie-t-elle à notre temporalité affective... lointaine et karmique ? ou nous faut-il "couper" ?

cisailler et suturer... ce qui démesurément atrophie notre présent ?

"cette chose" était ; qu'est-elle maintenant ? dans nos rêves, on la rejoue vainement ? ou réellement ?... pour une actualisation existante, dans un espace soupçonné de nous

cet endroit présumé, décorporé, est-il ? je voudrais le savoir... contient-il des phénomènes encore opérationnels ? ou seulement des leurres... ne fournissant aucune prise aux karmas renaissants ?

présente à cela, je m'immerge dans les bulles que je génère : je les claque, persistance après persistance

je ne sais ce qui m'habite de mon passé ou de mon actualité ; mon futur n'est plus

les approches se distendent ; rien n'apparaît bien distinctement : je ne sais décidément pas ce qui est "présent"

l'écriture retrace ce qui s'évapore déjà ; celle-ci favorise l'énergie subtile que le corps recueille en un temps d'accord

fugitif, le flux traverse et emplit, avant de n'être plus ; où se trouve ce qui n'est plus ?

rien ne sert de retenir, mais comment ainsi créer ?

l'Ange in vitro

je plonge dans l'inconnu d'une musique dont je parle souvent ; mais est-ce une musique ? une mélopée ou sont-ce juste des sons ? ; je m'abandonne...

je redoute... et soudain ! une voix ! proche... qui parle de l'Ange

je ne sais où mon rêve commence, ni s'il va enchaîner ; l'oiseau me rassure... une descente incertaine s'amorce alors même qu'il se tait

j'aime

un chant semble percer le brouillard, tandis que la voix revient, à quelques millimètres toujours plus présente

je m'évade, je reviens, je soutiens, je deviens... l'onde sonore en alerte glissante ou saccadée

un étau se referme sur ma tête et serre fort ce qu'il advient de moi en cet instant-là

je ne me retrouve toujours pas : le téléphone... je l'avais oublié ; cela ne fait pas sens, et pourtant toujours plus, je m'isole

une femme est décédée : son Ange apparaît ; au bout d'un moment, il est clair qu'il est serein—à quelques cris près, égarés dans l'espace flou

est-ce un appel ? un naufrage, une errance ou une résurrection ? l'âme alerte est libre... d'advenir dans les dimensions labyrinthiques, célestes et crépusculaires

et si les Anges se parlaient ? quel serait le tien ? veillerait-il ? quel monstre abattrait-il ? quel suspense entretiendrait-il ? dans quelles fluidités évoluerait-il ? pour quelles fins ?

l'Ange noyé

une ballade ; c'est ainsi que j'écoutais ce qui m'inspirait, pour le disperser dans la vague ou le condenser dans la goutte

le souffle est là—à peine tenu ; les sons concrets émettent des crescendos suggérant des voluptés fragiles

les pointes naturelles et les piqués électroniques se répondent sous l'eau jusque dans le lointain, ou le soudain

les évènements sont légion : ils habitent un peuple imaginaire au pouls brusque et saccadé

tout file et revient au bord de mer—parmi les galets brossés d'eau, de sable, d'algues et de débris

le rythme est régulier, même si incessamment il se régule ; le plongeur vigilant pour lui-même y est attentif...

charriée autant que les éléments, sa présence se minéralise comme par enchantement

il descend

il rencontre le souffle du danger de la vie d'en-dessous : son écoute décuplée se couple aux surgissements

les sons musicaux l'emmènent dans des récits de survie—de pénétration et de dépassement

il ne se ménage aucune issue : les sirènes l'étourdissent déjà peut-être... ou bien lui suggèrent-elles quelques expériences tantriques ?

vous et moi le savons

l'autre monde, quelles sont ses limites face à nous ? est-il plutôt "complaisant" ou plutôt "connaissant" de les franchir ?

pourquoi la morbidité gagne-t-elle certains esprits poreux et impressionnables ? alors même que le continuum, lui, est serein

mon héroïne aime évanouir la partie d'elle inapte à la régénérescence des fluides

elle se laisse absorber par l'onde marine ou sonore, et glisser dans des univers parallèles, anamorphiques

elle s'oublie dans un espace aux vibrations vrillées—aspirées par le Vortex initial, sur lui-même puissamment antéversé

elle claque des dents dans l'attente du soleil levant et s'émousse au vent violent

elle se laisse descendre—comme "pompée" du dessous du phénomène qui l'anime

elle ne demande que la musique... des boucles qui s'évadent dans les autres mondes naturels qui l'habitent

l'aura peut-être réside en cela... en cette radiation lumineuse venue du mouvement même de l'acte

"libérer", cela implique de capter ce qui advient, pour rigoureusement nager dans celui qui devient

c'est "virer de bord" depuis le vaisseau qui nous véhicule, sans perdre ceux qui se trouvent à bord

c'est imaginer dormir au milieu de mille fleurs constellées de soupirs et d'avenir

c'est prévenir chaque logis du souvenir suspicieux et de l'écrasante colère

enfin, c'est guérir ce qu'il y a, avec toujours la menace de ce qui n'est pas

demain sera grand

une impression de blocage, de désaccord ou d'incompréhension... alors, on remet le son

on n'ose peut-être pas tout dire de l'intrusion—celle que l'on provoque en déliant les rêves à l'endroit de leur vertu et de leur fièvre, de leur fiabilité et de leur imposture

qu'est-ce qu'une réalité ?

un film mental déroulé en flux tendu dans la précipitation des prises et des clichés ; et repassé en salle obscure avec les imperfections du jeu et de la pellicule

les mémoires diurnes se chaînent, se recouvrent, hésitent et se trompent

les rêves nocturnes font les relations, fondent les équilibres et nouent les secrets ; comme tout le monde, j'en fais...

parfois, ils sont l'occasion de rencontres avec des mondes qui n'existent plus—ceux d'un passé révolu... avec son empreinte karmique qui n'avance plus

faire circuler l'énergie des rêves, c'est réactiver un peu de présence chez ceux qui ne sont plus... pour accompagner les vivants dans leur entreprise de réparation

pour qu'enfin tout se pose et tombe d'aplomb—par magnétisme ou par régulation

j'élabore des redressements ; je cautérise des saignements... mais jamais je ne m'épanche sur la nature de la guérison : doit-elle faire mal ? sa douleur doit-elle entrainer la peine des autres qui y sont liés ? à jamais marqués

un Amour

un Amour, c'est comme l'horizon ; son repos dans l'ouverture donne le sentiment de filer déjà plus loin dans le Temps

la Vie se développe en son affection synchrone—qui crée le tempo propice au réveil des cellules assoupies

du tout paresseuses, mais comme cristallisées et ralenties, celles-ci se réchauffent et s'animent, toute sensibles à l'émoi nouveau qui les effleure

la Vie, c'est une caresse sensitive qui active les papilles haptiques et gorge les vaisseaux de tous ordres

l'Amour enveloppe cette fragile conjonction de forces dans une gaine intérieure qui dynamise ses réseaux

l'Amour dissout les obstructions, fluidifie les engorgements, purifie les scories et avive les ressources

on bondit en avant... dans la douceur d'une ouate vaporeuse et lumineuse... qui amortit notre réception et illumine notre vision

l'enchantement est vocalisé en mille ondes sonores descendues de Haut

notre coeur se soulève et crève sa gangue de poussière

la note est tenue... longtemps elle se maintient dans la Présence à rien