l'extinction en moi est obsédante ; elle enchante mes élans vers l'envol, mes préparations à la chute, mes immobilités jusqu'à la dissolution
une fois dit cela, demeurent les mots et vos yeux incrédules pour les parcourir gentiment, les languir nonchalamment ou les galoper ardemment
depuis, lentement, j'ai disparu—ma disposition tout au long ; un jour, j'y serai bien... en attendant, faire passer le train de ces impressions, ces imaginations, ces illuminations, ces dégradations, ces transpositions
je réceptionne les mélodies et les fais transiter en un processus secret jusqu'à ces lignes... flexibles, volatiles, inaudibles, incompréhensibles
elles ne sont pas une fierté ; elles sont un écho, un déplacement, une démonstration ou une révélation ; on ne les entend qu'à peine, mais on les soupçonne pleinement
l'Ange, comme le chat, veille au grain... pour que rien ne se perde de l'eau cristalline, pure merveille
les Anges et les chats raffolent des sources où les jets projettent des bouillons lisses et des essences légères
et moi, je les suis... j'assiste à leurs consciencieuses distractions, à leurs ablutions, à leurs dévotions et à leurs soins
je ne résiste pas !... c'est comme si j'y étais moi ; ensemble, nous nous aspergeons, nous nous révolutionnons ; nous nous entrecroisons ; nous nous aimons ; une triade inoubliable
ou un trio infernal... pour la joie des minutes à passer, à tenir, à perdre, à méditer, à se peler ou à cuire
je n'envisage pas de changer—c'est "ma relation"