l'ange est en moi

il n'y aura pas d'image, ni de majuscule, ni de ponctuation, ni même peut-être de phrase tout sera né de l'intérieur de l'An...

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l'Ange, comme le chat

l'extinction en moi est obsédante ; elle enchante mes élans vers l'envol, mes préparations à la chute, mes immobilités jusqu'à la dissolution

une fois dit cela, demeurent les mots et vos yeux incrédules pour les parcourir gentiment, les languir nonchalamment ou les galoper ardemment

depuis, lentement, j'ai disparu—ma disposition tout au long ; un jour, j'y serai bien... en attendant, faire passer le train de ces impressions, ces imaginations, ces illuminations, ces dégradations, ces transpositions

je réceptionne les mélodies et les fais transiter en un processus secret jusqu'à ces lignes... flexibles, volatiles, inaudibles, incompréhensibles

elles ne sont pas une fierté ; elles sont un écho, un déplacement, une démonstration ou une révélation ; on ne les entend qu'à peine, mais on les soupçonne pleinement

l'Ange, comme le chat, veille au grain... pour que rien ne se perde de l'eau cristalline, pure merveille

les Anges et les chats raffolent des sources où les jets projettent des bouillons lisses et des essences légères

et moi, je les suis... j'assiste à leurs consciencieuses distractions, à leurs ablutions, à leurs dévotions et à leurs soins

je ne résiste pas !... c'est comme si j'y étais moi ; ensemble, nous nous aspergeons, nous nous révolutionnons ; nous nous entrecroisons ; nous nous aimons ; une triade inoubliable

ou un trio infernal... pour la joie des minutes à passer, à tenir, à perdre, à méditer, à se peler ou à cuire

je n'envisage pas de changer—c'est "ma relation"

je suis dans cet état

je ne sais plus où aller ; mais ce n'est pas fini...

le flux ténu coule toujours : je le manipule comme une sangsue, afin qu'il donne de lui sans se retenir, sans s'excuser

mais je ne sais quoi dire... à propos de quoi pleurer... attendre, bouillir ou frémir ; j'ai sans doute tout cassé sans démériter

mes audaces sont comme mes vérités—un peu brusques et tranchantes, un peu courtes et saignantes ; mais si je les développe davantage, je risque l'enlisement, le rabaissement, la justification... et un procès en incompétence

je ne cherche que ce qui me cherche en retour ; que ce qui me veut du bien... une voie facile au regard de mes foulées les plus familières

ni alambiqué, ni contorsion, ni discursivité, ni contradiction

je ne veux pour moi que du cool, du fluide, du lisse, du glissé, de l'évident et du maintenant ; je ne veux qu'une trace devant, sans pas derrière... sans interruption et sans commentaire—ni suiveur, ni fanatique, ni commère

je remets le son ; ça file... et je perds complètement le fil, mais c'est comme cela

quand on ne sait pas, les images ne se forment pas ; la matière se dissipe et les couleurs n'apparaissent même plus

je suis dans cet état... énervée, irritée par une peur, une appréhension ou une question

"oui"

A. — tu ne reprendras avec moi qu'arrivé le soir ou dans le matin noir ; décembre, c'est la nuit longtemps ; tu accroches des lumières dans ta maison, mais le sombre est propice à dévoiler les ombres dans le velours des formes et des plis ; mets tout en sourdine... baisse aussi le son, pour capter le moindre soupçon

k — j'écoute le soupçon, mais je ne définis pas qui il est

A. — il est le germe... des futures apparitions ; dans son yin généreux, s'est évanoui le jeune yang en sursis ; tous deux préparent les floraisons de printemps : ils sont conception—repli, fécondité et nourrissement :  à couvert, les abeilles se portent bien ; pour bien produire leurs fruits, les process doivent s'accomplir lentement, sans rien laisser de côté ; à chaque étapes de la Croissance, ils sont les garants du bon chaînage des phénomènes ; pour ensuite y voir plus clair

k — je les sens, mais les distingue mal, les process...

A. — parce qu'ils sont définitivement "toi" ; tu suis les mêmes cycles : tu les accompagnes sans intervenir, ou tu les contraries par tes désirs ; s'abandonner à "l'être" n'est pas céder à la passivité ; c'est patiemment accepter de se laisser de l'intérieur travailler—définir, ciseler et patiner, pour qu'une expérience saine trouve sa souche naturelle ; et pour que l'émergence se dirige simplement vers la cible—la concorde, la lumière et la paix ; pas de grands mots, juste de douces éclosions