l'ange est en moi

il n'y aura pas d'image, ni de majuscule, ni de ponctuation, ni même peut-être de phrase tout sera né de l'intérieur de l'An...

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je suis dans cet état

je ne sais plus où aller ; mais ce n'est pas fini...

le flux ténu coule toujours : je le manipule comme une sangsue, afin qu'il donne de lui sans se retenir, sans s'excuser

mais je ne sais quoi dire... à propos de quoi pleurer... attendre, bouillir ou frémir ; j'ai sans doute tout cassé sans démériter

mes audaces sont comme mes vérités—un peu brusques et tranchantes, un peu courtes et saignantes ; mais si je les développe davantage, je risque l'enlisement, le rabaissement, la justification... et un procès en incompétence

je ne cherche que ce qui me cherche en retour ; que ce qui me veut du bien... une voie facile au regard de mes foulées les plus familières

ni alambiqué, ni contorsion, ni discursivité, ni contradiction

je ne veux pour moi que du cool, du fluide, du lisse, du glissé, de l'évident et du maintenant ; je ne veux qu'une trace devant, sans pas derrière... sans interruption et sans commentaire—ni suiveur, ni fanatique, ni commère

je remets le son ; ça file... et je perds complètement le fil, mais c'est comme cela

quand on ne sait pas, les images ne se forment pas ; la matière se dissipe et les couleurs n'apparaissent même plus

je suis dans cet état... énervée, irritée par une peur, une appréhension ou une question

et là, je m'évanouis

quand on est incertaine d'écrire, c'est que le sujet manque

de sujets, notre vie en est toute pleine remplie... mais, de l'intérieur, les récits naturels ne se font plus ; d'eux-mêmes ils ne s'explicitent plus

habituellement, c'est l'inspiration nomade qui guide mes pas ; depuis plus de deux mois, elle inscrit ses diagonales et ne laisse "rien"... sans, avant tout, "le" boire

je suis percluse de maux doux ; et les sirops tapissent ma gorge d'encres félines... je n'ai plus de toux

mes mots sont des ondes que je balance tendrement depuis l'enfance, et que je désapprends à aimer... juste les donner

je voudrais une raison, une tension, une maison...

pour encapsuler les anges et les dragons, les âmes et les démons ; pour délimiter les délices des tentations et les glissements des outrances ; pour faire exister et l'ivresse et le fiel, sans les mélanger, ni du tout jamais m'en abreuver

je suis fermée ; sans doute vais-je m'adapter... sans craquer ; parce que le fond, si puissant, on le connaît... on le défie, on le supplie et on le remercie—sans savoir à qui s'adresser

le coeur de cristal et d'argent, longtemps, on s'est posée dessus : il nous a irradiée ; depuis le bois brûle dans l'âtre de nos rêves... que l'on voudrait rendre plus réels

on n'est pas au bowling ! mais la vie est méchante : elle nous partage en de faux dilemmes ! nous jette dans d'abrupts croisements ! et nous étreint en de stupides noeuds !