quand on est incertaine d'écrire, c'est que le sujet manque
de sujets, notre vie en est toute pleine remplie... mais, de l'intérieur, les récits naturels ne se font plus ; d'eux-mêmes ils ne s'explicitent plus
habituellement, c'est l'inspiration nomade qui guide mes pas ; depuis plus de deux mois, elle inscrit ses diagonales et ne laisse "rien"... sans, avant tout, "le" boire
je suis percluse de maux doux ; et les sirops tapissent ma gorge d'encres félines... je n'ai plus de toux
mes mots sont des ondes que je balance tendrement depuis l'enfance, et que je désapprends à aimer... juste les donner
je voudrais une raison, une tension, une maison...
pour encapsuler les anges et les dragons, les âmes et les démons ; pour délimiter les délices des tentations et les glissements des outrances ; pour faire exister et l'ivresse et le fiel, sans les mélanger, ni du tout jamais m'en abreuver
je suis fermée ; sans doute vais-je m'adapter... sans craquer ; parce que le fond, si puissant, on le connaît... on le défie, on le supplie et on le remercie—sans savoir à qui s'adresser
le coeur de cristal et d'argent, longtemps, on s'est posée dessus : il nous a irradiée ; depuis le bois brûle dans l'âtre de nos rêves... que l'on voudrait rendre plus réels
on n'est pas au bowling ! mais la vie est méchante : elle nous partage en de faux dilemmes ! nous jette dans d'abrupts croisements ! et nous étreint en de stupides noeuds !