l'ange est en moi

il n'y aura pas d'image, ni de majuscule, ni de ponctuation, ni même peut-être de phrase tout sera né de l'intérieur de l'An...

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vous que bientôt je dois quitter

on approche le temps des familles et des deuils de fin d'année ; on n'agrippe plus aucun jour : la nuit remplit tout ; aucune illumination ne parviendra à éliminer la sensation de froid dans le gras des bras et les fourmis à la pointe des orteils de pieds

je sors très peu ; l'Ange m'attache à son canal dans le bain de musique que chaque fois je prends à son contact

que les dimensions subtiles dégringolent dans le caniveau ou bien que les expériences grossières s'élèvent tout en haut du sapin de noël, il nous reste en nous-mêmes le mélange des deux à la fois—ni anges, ni démons

les traces lumineuses rapidement s'effacent ; le Temps ainsi subitement semble mouillé ; et nous, transis—artificiellement exposés et superficiellement protégés : littéralement, nos coeurs éclatent en sanglots sous nos pull-overs amoureusement tricotés par nos grands-mères décédées

les fêtes sont des sas de sécurité pour foyers en péril ; les fêtes trahissent nos sentiments mitigés envers des anonymes surexcités

elles se dénombrent comme autant de sanctuaires désertés par des peuples en fausse furie, en dure harmonie, en somptueuse hypocrisie

je les contourne sans difficulté et m'en extrais sans sensation ; mes rebonds ne s'adressent qu'à mes cocons, qu'à mes possessions, qu'à mes reflets

je les envoûte sans espoir de les voir un jour vraiment apparaître ; et je me satisfais en cette circonstance de ne pas être

l'ultime de la tranquillité—mais vous le savez

comme c'est dommage

et si l'on repartait quelque part sans que j'en connaisse le thème ?

et si l'on s'arrêtait sous le casque alors que chaque fois j'en attends du bonheur ?

l'effet des mots est un euphorisant ; mais à force de balayer quotidiennement devant ma porte, tout est devenu bien trop propre ! l'inspiration n'est plus nourrie que par des bouts de sentiments intégralement vécus au présent

ils sont pauvres ; je vide le fond ; je suis à sec... donc, bien volontiers j'évoque cela—sans filtre, ni travestissement

je deviens pure du dedans, plus allégée à force de "donner"—de javelliser, de contractualiser ou bien de confisquer

éternellement, je chercherai à m'éteindre dans le mouvement... ni malfaisant, ni éreintant... juste un tantinet dérangeant

les vagues de la mer en arrière-plan me procurent la migraine ; c'est quand même triste et dommage... comme je voudrais qu'il en soit autrement

c'est un refus, une dénégation, émanant d'un caractère acariâtre et sincère ; d'un avatar discret ou d'un criminel solitaire

quelque chose tout au fond ne tourne pas rond : on ne sait plus bousculer la plupart de nos habitudes ; on ne peut plus chambouler tous nos refrains ; quelque chose de dur et de résistant au temps s'est durablement installé dans nos comportements ; la racine est profonde

le manque d'imagination ; l'impératif du courant ; la routine de maintenant... le TOC mal placé, le pli du pantalon et le masque à virus

je suis heureuse

je suis heureuse... ah bon !?... je me réponds

mon Ange, suis-je en train de travestir l'amour ou bien de trahir les sentiments ? suis-je en train de jouer sans même me cacher ? ou de me dénaturer sans assez me préserver ?

je poursuis mon chemin, et tu es là : tout le monde reprend "son bien"... je ne veux pour lui-même que la place de chacun ; j'y tiens

les tiraillements, très peu pour moi ; plus grave, désormais il y a ; plus impressionnant, sans aucun doute on aura ; meilleur et merveilleux, bientôt nous apparaîtra ; et, oui ! tranquille et bienheureux, on se voudra

on est bien... juste là, comme cela

les peurs, on les connaît ; les anxiétés, on les transmet ; chaque petit pas se dévoie en catastrophe ou en grâce, en mésaventure ou en exploit

jamais précisément on ne s'attend à ce que l'on vit là... simplement, on n'y peut rien et on y va

simplement, on souffre là où ça râpe et on glisse là où ça unit ; se retrouver seul.e avec soi sans plus d'ennuis, sans plus d'amis, sans plus de pleures, sans plus d'extases

en finir avec le jour et avec la nuit ; avec la gamme des écrans, des images, des mots et des chats

en finir avec moi

si l'on ne m'accepte pas, je partirai comme cela... et me soustrairai sans qu'il n'y paraisse rien