les larmes sèches du clap de fin... une simple évolution des formes pour permettre le lendemain
quelques mois à se passer les refrains pour dénuder les préjugés et enclore les parchemins, pour abdiquer les morosités et parfaire les moralités
quelques semaines à déflorer mes vies partenaires—la sienne, au ciel, là-bas... dans le géant, à moitié
la sienne, encore, qui ne demande que des nouvelles... de lui dans le mortel ennui de l'intensité des nuits
la sienne, toujours, dans l'élan de mes envies, au réveil fulgurant, quand à peine endormie
je ne referme rien ; j'extirpe le grain pour faire germer les promesses contenues dans le matin
chaque "jeune yang" m'ayant portée gracieusement vers sa finalité... quelque part en étrangeté
un niveau vibratoire poussé—une lumière irradiée et une énergie densifiée ; pour quelques mots entendus et jetés sur le papier que vous lisez
peut-être n'ai-je pas abordé les vrais sujets ? construits pour que vous les compreniez...
peut-être me suis-je soustraite à la facilité des points-de-vue partagés... ? peut-être vous ai-je embarqués ? ou débarqués... en "terra incognita", pour la meilleure des excursions ?
peut-être
je n'aurai rien perdu de moi ; et tout acquis de vous... à vous imaginer dans mes méandres emmêlés—absorbés, mélangés, syncrétisés
de tout cela, que reste-t-il ?... si ce n'est juste un peu d'union, à perte de perceptions... et aussi sans doute d'opinions
les flux ordinaires demeurent nos plus fidèles remèdes pour ne pas se perdre dans l'ailleurs
et pour ancrer nos valeurs dans l'actualité des remous, bien balancés, de nos existences sinon tristes et blafardes
croyez-vous que je parte ?
pensez-vous que j'aie mal ? que je surmène mes troubles ou que j'abandonne mon salut ? que je me fourvoie ou que je n'assume pas ?
je ne sais pas
tels les poissons des grands fonds dont seul le squelette apparaît par transparence de membranes luminescentes, je m'auto-génère dans le profond somptueux qui claque dans l'éclat : et je ne vois soudain que toi—l'Ange de ma voix
ma langue maternelle n'est alors plus familière : elle se lance des défis mentaux pour que transparaisse quelque chose de cette morphose donnée aux sens
ma langue ainsi se sur-nature elle-même dans l'inaccessible et l'éphémère
elle surplombe les orages et les éclairs, les satellites et les horizons : courbe est sa chair
elle s'anime de vertiges que la perturbation des repères spatiaux gonfle en dés-alignant les physiologies
elle renverse la capacité du perçu et installe le corporellement "non-viable"—inconnu, inconfortable, douloureux et distendu
elle parcourt les champs de nous "non-vivants", et découvre ce que nous serons quand poussière devenus
elle arrose de mystère et abreuve l'attente des fins dernières : elle immole ce qui n'a pas le goût des altitudes programmées et elle plonge dans l'abysse des failles non-suturées
Dharma et karma se superposent sans jamais se déranger : le travail est effectué, l'avenir en danger
pour une réconciliation de fond : une inclination de coeur, des pleures majeures, une reliance à tâtons
je ne me serai pas "vue" écrire ; je me serai "entendue" vous dire... parce que l'Ange, c'est aussi l'Autre... qui est en vous
... et qui me réclame comme Il le fait de vous
Il ne gigote guère, mais, tranquille, s'exprime en chimères—qui n'adviendront que dans le souffle court de ruées solitaires
imaginez-vous au bord de la vie, dans cet univers de foudre dans lequel s'éteignent une à une les cellules de terre
ne plaignez rien ; tournez-vous et demandez : "viens"...
appelez l'exil solidaire de toutes les mains tendues et libérez les présences ici détenues : elles n'éprouvent que tendresse et misère pour le genre de prévenus qu'elles sont devenues
donnez-leur de l'espace et de l'altérité, du voyage et de la légèreté... dans ce qui n'est pas "elles", définitivement résorbées dans ce qui fait fusion au sein de l'Amour non-mortel
trempez dans l'irréel, déconstruisez la réalité ! pour vous permettre de migrer dans l'au-delà du temporel, dans l'en-deçà du matériel
traversez-vous vous-mêmes... pour réaliser que nul n'est stable ou "lié" en son identité, et que tout repose dans le "sans-forme" à jamais inviolé
enfonçons-nous dans le moelleux de sa texture qui ne dénature nullement l'Amour—seul rayonnement à portée d'existence durable
et tissons la dynamique de la relation à notre complémentaire... pour ne jamais nous-même "nous quitter"
rejoignons-nous dans ce mouvement et engageons un chemin comme seul but—perpétuel et distant
un éternel soleil levant
l'arc-en-ciel d'une aura originelle—vivante et respirante, agissante et dématérialisée
le masque est tombé